Dans une salle de Batteux au bord de l'implosion, les Mantas ont fait un retard de trois buts dans les huit dernières minutes de la rencontre. Match nul pour cette première manche de la finale. Le titre se jouera à Caen le 10 mai.
Avant toutes choses, nous tenons à revenir sur un point. Toutes les personnes, joueurs et spectateurs, présentes à Batteux pour cette première manche de la finale ont certainement des commentaires à livrer sur la prestation des deux arbitres du match. Nous aussi. Mais nous les garderons pour nous et fermerons ici cette parenthèse.
Quel match! Quel suspens! Quelle intensité! Les 650 personnes, très à l'étroit, dans l'enceinte de Batteux sont passées par toutes les émotions. L'enthousiasme d'abord, puis la colère, le dépit, l'incertitude, l'espoir et finalement la joie.
Les deux finalistes ont d'abord commencé par se courir après. Florent Aimonetto, d'un lancé frappé en pleine lucarne comptait le premier but de la soirée. Juste le temps d'être content que Jérémy Rosenblum égalisait. Douzième minute, Gérôme Guerin donnait l'avantage à Caen, et trente secondes plus tard, Matthieu Eichholtzer inscrivait son premier but de la soirée. Et Caen allait alors prendre le large. Les circonstances sur lesquelles nous avons décidé de ne pas revenir n'ont en effet pas aidé les Mantas mais même dans la difficulté, on doit savoir rester maître de son destin. Et Montpellier en a fait la preuve. Menés 5-2 à la pause, les orange et bleu n'en menaient pas large. Dans le vestiaire, la tendance était à l'appaisement. En un mot 'messieurs, calmez-vous et jouez, nous avons trois buts de retard à combler'.
La tension était forte mais c'était celle d'une finale, on l'attendait. Le temps s'égrénait et Montpellier tirait toujours de l'arrière de trois unités. Bientôt quatre lorsqu'à la 32e minute, Alexis Royer marquait en supériorité. Montpellier était au plus mal. Mais le vestiaire montpelliérain contient des joueurs d'orgueil, des mecs qui ont une haine épidermique et viscérale de l'humiliation plus encore que de la défaite honorable qui se termine par un sale 'bravo, bon match'. Les frères Hostein sont de ceux là. Quelques instants après le sixième et dernier but caennais Frédéric trouvait Jérôme dans l'enclave en position offensive. Le lancé de l'ancien défenseur international s'en allait sous la barre. A la minute suivante, Raphaël Facchini écopait d'une punition de cinq minutes pour charge dans le dos. Caen tennait alors le destin de cette finale entre ses gants. Cinq minutes de supériorité, peu importe les buts marqués. Dans le jargon, on appelle ça l'instant crucial, mais cet instant cru cial qui aurait pu, qui aurait dû sacrer Caen qui voyait là la possibilité de prendre une avance insurmontable même avec le match retour s'est transformé en tournant du match. Cinq minutes avec un joueur de moins et aucun but concédé. Martin Bradette a tout renvoyé. Le portier québécois des Mantas, malade depuis deux jours à 40 de fièvre le matin même de la rencontre a permis à ses coéquipiers d'entretenir la flamme.
Les dix dernières minutes s'amenaientt et Montpellier avaient toujours trois buts de retard. A la 42e minute, Quentin Garcia déviait un lancé de Frédéric Hostein et marquait sur la première supériorité héraultaise. Trente secondes plus tard, Matthieu Eichholtzer reprennait de volée une tentative de Jean-Marc Thierion. L'Alsacien, excellent en tous points sur cette rencontre, comptait même le but du triplé peu après mais celui-ci était légitimement refusé pour une crosse trop haute. L'histoire paraissait tellement incroyable qu'elle ne pouvait pas s'arrêter là. Avec 1'30 à faire, Jean-Marc Thierion volait un palet dans l'entrejeu. Le capitaine partait en échapée, fixait le portier, déclenchait et trouvait une lucarne impossible, celle de l'égalisation. Caen n'en croyait pas ses yeux et le doute changeait de banc. Batteux est en fusion et quand Frédéric Hostein, avec dix secondes à jouer sonnait la charge à gauche, coupait au centre et s'amenait face à Jérôme Saley, le portier normand, les murs de Batteux étaient à deux doigts de s'effondrer. Mais le gardien de l'équipe de France gagnait son duel, fin du bal.
Aucune des deux équipes n'a donc pris d'avantage comptable lors de cette rencontre mais l'avantage psychologique penche du côté des Mantas qui, en inversant ainsi la tendance, ont porté un sérieux coup à l'enthousiasme caennais.
A Montpellier, salle Albert-Batteux, Montpellier et Caen font match nul 6-6 (2-5 ; 4-1)
Arbitres : MM. Belot et Bianchini
Spectateurs : 650
Buts pour Montpellier : 4'01 Aimonetto ; 12'45 Eichholtzer (F. Hostein) ; 32'44 J. Hostein (F. Hostein) ; 41'52 Q. Garcia (F. Hostein) ; 42'30 Eichholtzer (Thierion) ; 48'26 Thierion
Buts pour Caen : 6'03 Rosenblum (G. Guerin, Leterrier) ; 12'16 G. Guerin (Da Costa) ; 15'43 Rosenblum ; 20'06 Leterrier ; 20'57 Sanson (Danerval) ; 31'16 Royer (Sanson)
Pénalités contre Montpellier : 19'
Pénalités contre Caen : 16' (dont 10' de méconduite à J. Saley)